Chirurgie du coude

Une chirurgie du coude est rare, exigeante et demande une véritable expertise de la part du chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur.

La nécessité d’une opération du coude est peu fréquente et parfois en traumatologie assez redoutée même pour un spécialiste de la chirurgie du coude. Le coude est en effet une articulation peu accessible de par sa forme et a une forte capacité à s’enraidir vite et de façon parfois définitive !

En cas de fracture du coude, les multiples fragments éparpillés doivent être minutieusement remis en place et fixés pendant l’opération. C’est une chirurgie réparatrice d’urgence et les chirurgiens traumatologues sont souvent bien seuls face à des situations souvent bien malaisées. Les raideurs, les non-consolidations ou les déformations séquellaires sont, même entre des mains expertes, malheureusement assez fréquentes après une opération du coude.

L’opération d’un nerf se pratique en chirurgie programmée. Il s’agit de libérations nerveuses qui imposent un chirurgien spécialiste du coude d’expérience. En effet, ces nerfs autour du coude jouent un rôle essentiel et ne sont pas toujours d’accès facile. Toute erreur à ce niveau est très lourde de conséquence. L’opération du nerf cubital est de loin la plus fréquente chirurgie du coude.

Une opération du tendon du coude est également une intervention chirurgicale très fréquente.

Enfin Il s’agit plus rarement de destructions articulaires par arthrose, polyarthrite ou suite à une fracture du coude ayant mal évoluée. Une chirurgie pour une prothèse reste alors parfois le seul recours, mais ce type de chirurgie orthopédique est très exigeante car rare et de réglage délicat.

Les examens pour une chirurgie du coude

L’examen clinique du coude reste essentiel et repose sur l’interrogatoire, l’observation de la main et la palpation du coude par un spécialiste des membres supérieurs. Cela permet d’identifier la zone de douleur et son retentissement sur la sensibilité et le contrôle musculaire du bras de la main et des doigts.

Il existe différents examens complémentaires avant tout diagnostic pouvant conduire à une opération du coude :

  • Une radio du coude gauche ou droit concerné est systématique pour vérifier la stabilité du coude et des nerfs
  • La réalisation d’un EMG du coude reste essentielle en cas de signes de souffrance des nerfs du coude. Cet électromyogramme permet d’authentifier la lésion nerveuse et d’en préciser la localisation et la sévérité.
  • Le scanner permet de bien voir les os du coude mais mal la qualité des surfaces articulaires avec cependant l’avantage de ne pas imposer d’injection.
professeur eric roulot - spécialiste chirurgie coude paris - radio coude fracturé avant opération
Fracture de l'ulna avec une luxation de tête radiale au coude
  • Un arthroscanner du coude est plus efficace que le scanner pour bien analyser la qualité d’une articulation. Il est accompagné de l’injection d’un produit de contraste dans l’articulation (piqure) qui permet de bien délimiter les contours du cartilage et de voir ses anomalies
  • Une IRM du coude est d’une aide précieuse pour voir les tendons, les muscles et les nerfs, mais ne permet pas une bonne analyse des surfaces articulaires ni une analyse dynamique du mouvement.
  • Une échographie vient en complément pour certaines pathologies du coude d’analyse simple ou nécessitant une étude pendant la réalisation du mouvement (échographie dynamique).

La prise en charge

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La prise en charge en chirurgie du coude se fait le plus souvent dans une unité de chirurgie ambulatoire sous anesthésie locorégionale du bras. Ce type d’anesthésie du bras permet de faire toutes les opérations du coude sous garrot pour limiter les saignements dans de bonnes conditions de confort pour le patient.

Le matériel d’ostéosynthèse utilisé pour une opération du coude doit être adapté aux spécificités du coude. Il n’est souvent disponible que dans un centre de traumatologie spécialisé.

Le chirurgien de la main et du membre supérieur peut faire une incision plus ou moins étendue. Pour une opération du coude complexe, l’essentiel est de pouvoir accéder à l’articulation qui reste serrée et très emboitée. L’arthroscopie du coude est pour cette articulation parfois très intéressante mais de pratique difficile. Lors d’une intervention, elle nécessite la plus grande prudence car les risques de blesser un nerf ou un vaisseau sont importants.

Une chirurgie du coude nécessite le plus souvent une voie d’abord interne ou externe et parfois de faire deux incisions, une de chaque côté du coude pour pouvoir y accéder. Le plus souvent, ces incisions parfois étendues sont postérieures au coude et restent donc peu visibles après l’opération malgré la cicatrice.

Les chirurgies fréquentes du coude

La chirurgie du coude est principalement indiquée dans quatre situations fréquentes liées à des pathologies au coude :

Les traumatismes

Un traumatisme avec une fracture au coude ou des lésions ligamentaires, qu’elles soient simples ou complexes, exposent toujours au risque de raideur importante et particulièrement handicapante. En effet, le coude a une fâcheuse tendance à se raidir dès que son articulation est atteinte.

La prise en charge du patient pour un traumatologie du coude doit impérativement viser une solidité maximum pour une mobilisation précoce. La chirurgie du coude est difficile pour une articulation dont l’accès est rendu compliqué par sa forme anatomique.

La raideur du coude est fréquente des suites d’une opération ou d’une immobilisation pour fracture du coude ou lésion ligamentaire. Une chirurgie secondaire appelée arthrolyse du coude pour restaurer de bonnes amplitudes de mobilité est lourde et incertaine.

La chirurgie des nerfs

Tous les gros troncs nerveux pour passer du cou à la main transitent par le coude. Celui-ci est en mouvement permanent sur de grandes amplitudes. Il sollicite fortement les nerfs provoquant instabilité ou compression. Il peut en résulter une douleur au coude après effort ou une paralysie du coude. Les conséquences peuvent être importantes et entraîner des séquelles même après une intervention chirurgicale.

Les tendinites

Une tendinite aux coudes est très fréquente et générée plutôt dans certaines tranches d’âge (quarantaine) par la pratique sportive ou les mouvements professionnels répétitifs.

L’arthrose des coudes

La chirurgie de l’arthrose du coude est rarement pratiquée. C’est en général la conséquence d’un traumatisme ou d’une maladie du coude rhumatismale. Elle impose souvent la mise en place d’une prothèse totale dont la durée de fonctionnement reste limitée. Elle est donc à éviter chez des patients trop jeunes. Ce sont des prothèses difficiles à bien poser et presque impossibles à remplacer. Elles sont donc à réserver aux meilleurs chirurgiens du coude.

Le suivi post-opératoire d'une opération du coude

Les suites opératoires nécessitent en général une attelle de coude de protection laissant juste la main libre. La mobilisation est entreprise dès que cela est faisable sans risque et de façon progressive, la solidité n’étant en générale acquise qu’à la sixième semaine.

Pour les chirurgies de décompression nerveuse comme une opération du nerf ulnaire, les cicatrices sont variables en fonction du nerf concerné et les mini-abords parfois adaptés. La mobilisation est immédiate après intervention et sans grosse restriction, à part une gêne pour se laver à cause du pansement. Les douleurs nerveuses provoquées par la compression disparaissent le plus souvent immédiatement. Le déficit sensitif ou moteur du nerf en cas de paralysie provoquée par la compression par contre met du temps à récupérer ou peut ne pas récupérer.

Pour les tendinites, la mobilisation est également immédiate après l’opération. Le soulagement des douleurs n’est pas systématique.

La chirurgie arthroscopique du coude est intéressante dans certaines indications. Elle nécessite néanmoins la plus grande prudence car les risques de blesser un nerf ou un vaisseau sont importants. Cela reste une technique chirurgicale du coude exigeante.

La chirurgie prothétique impose une reprise progressive d’activité et une limitation définitive des excès d’utilisation pour augmenter l’espérance de vie de la prothèse.