Les maladies de l'épaule

Nous sommes tous concernés à partir de 40 ans par une maladie de l’épaule que sont la capsulite, la bursite, la tendinite et l'arthrose

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Les trois premières maladies de l’épaule sont fréquentes et se ressemblent dans leur expression. La dernière, l’arthrose, est beaucoup plus rare mais également bien plus sévère quant à ses conséquences et à la chirurgie prothétique qu’elle impose parfois. Ces quatre maladies ont des expressions de départ identiques. Elles donnent des douleurs à l’épaule et une limitation plus ou moins importante de la mobilité.

Les trois premières, la capsulite, la bursite et la tendinite surviennent le plus souvent entre 35 et 65 ans. La différence entre ces trois pathologies de l’épaule dont les noms en « ite » se ressemblent est fondamentale. Tant dans leur compréhension que dans les traitements qui sont diamétralement opposés.

La dernière en « ose » survient bien plus tard au-delà de 70 ans, sauf en cas de traumatisme de l’épaule sévère où elle peut apparaître bien plus tôt. En l’absence de traumatisme, l’arthrose de l’épaule est le terme évolutif d’une rupture de coiffe mal gérée et qu’il convient de dépister et de traiter à son stade de démarrage qui est la tendinite. 

Comprendre chaque maladie de l’épaule avec l’anatomie

L’épaule possède sur le plan anatomique différents espaces de glissement qui sont les zones de douleurs pour les différentes maladies de l’épaule. Ces deux espaces de glissement ont besoin de lubrifiants pour ne pas s’échauffer.

L’articulation gléno-humérale

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La première zone de glissement est l’articulation entre l’omoplate et la tête de l‘humérus appelée l’articulation gléno-humérale.

Elle est constituée de deux surfaces articulaires recouvertes de cartilage qui glissent l’une sur l’autre. Pour que le glissement soit efficace, il faut une lubrification des surfaces qui améliore le glissement et limite le frottement, l’échauffement et l’usure. 

Ce liquide de lubrification appelé liquide synovial est sécrété et contenu dans l’articulation par la capsule articulaire de l’épaule. Il transforme l’articulation en un compartiment étanche rempli de liquide.

Quand l’articulation est inflammatoire, la membrane capsulaire synoviale devient turgescente. Elle s’épaissit, s’enflamme, chauffe et se rétracte ce qui provoque la douleur de l’épaule et la raideur. Puis elle sécrète du liquide en abondance, c’est l’épanchement synovial.

Si la capsule articulaire réagit trop fort, elle passe d’inflammatoire à rétractile. C’est la capsulite rétractile de l’épaule. Si la rétraction persiste après la phase inflammatoire, la raideur devient articulaire car la capsule doit être élastique et souple pour autoriser le mouvement.

L’articulation gléno-humérale est aussi faite de cartilage qui est une surface de revêtement agissant comme un bouclier protecteur des deux pièces osseuses pour leur permettre de glisser l’une sur l’autre.

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Ces surfaces doivent être parfaitement lisses, glissantes et d’une bonne épaisseur comme une patinoire.

En cas d’altération du cartilage, on parle de chondropathie de l’épaule ou maladie du cartilage. A un stade plus évolué, le cartilage s’effrite et disparaît. L’os de l’omoplate (la glène) entre alors en contact avec l’os de l’humérus sans être protégé (perte du bouclier cartilagineux). C’est l’arthrose gléno-humérale communément appelée omarthrose de l’épaule. On parle aussi de destruction arthrosique de la surface articulaire de l’omoplate.

La voûte acromio-claviculaire et la coiffe des rotateurs

L’autre zone de glissement de l’épaule n’est pas une articulation mais un espace situé entre les muscles de la coiffe des rotateurs et la voûte acromio-claviculaire.

La coiffe des rotateurs est un ensemble de muscles qui chapeaute la tête humérale. Ces muscles sont attachés d’un côté à l’omoplate et de l’autre à la tête humérale. Ils permettent à la fois la mobilisation et le maintien du centrage dynamique de l’articulation.

  • La bourse sous acromiale

La voûte acromio-claviculaire est le relief osseux que l’on palpe au sommet de l’épaule. Il est constitué du prolongement en haut et en avant de l’omoplate appelé acromion.

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Ce relief s’articule avec la clavicule pour se poursuivre vers le sternum en avant. Cet ensemble permet de suspendre l’articulation de l’épaule tout en lui autorisant des mouvements de grande amplitude. Les mouvements entres ces deux structures sont permanents et la bourse sous acromiale y sert d’interface de glissement.
Cette bourse est un petit sac fait de synoviale qui sécrète plus ou moins de liquide en fonction des besoins. Elle peut s’enflammer (bursite de l’épaule) créant alors chaleur, douleur dans l’épaule et une gêne à la mobilisation.

  • Les tendons et les muscles de la coiffe

Avec le temps, l’espace de glissement se rétrécit et devient moins harmonieux. Soit la coiffe vieillit, s’épaissit et perd son élasticité, soit le plafond que constitue la voûte acromio claviculaire s’abaisse à cause de l’arthrose. Le glissement se transforme alors en frottement (conflit sous acromial) et crée une usure des tendons de la coiffe qui s’effilochent. C’est la tendinite de la coiffe de l’épaule.

Puis les tendons finissent par se rompre. C’est la rupture de coiffe. On peut prendre l’exemple d’une corde qui a force de frotter s’use et casse. Dans la rupture de coiffe, les muscles de l’épaule se détachent de l’humérus (par rupture de leurs tendons d’amarrage). L’articulation de l’épaule alors fonctionne mal et pistonne. Les mouvements d’élévation de l’épaule sont en effet toujours possibles malgré la douleur, et ceci grâce au deltoïde qui ne se casse pas car il ne se situe pas dans la zone de conflit.

A la longue, ce mouvement de pistonnage au cours de la rotation articulaire va provoquer une usure des deux pièces articulaires appelée arthrose gléno-humérale ou omarthrose de l’épaule.

Les origines des maladies de l’épaule

Entre 35 et 65 ans, trois types de désordres peuvent survenir : La bursite, la tendinite et la capsulite. Les deux premiers, la bursite et la tendinite de l’épaule, sont en fait étroitement liés et souvent associés. On parle alors de tendino-bursite.

Tendinite et bursite, deux maladies étroitement liées

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La tendinite de l’épaule est une souffrance inflammatoire des tendons qui concerne le plus souvent un ou plusieurs tendons de la coiffe des rotateurs

Cette souffrance peut être provoquée par l’excès de mouvement et donc de frottement, parfois aussi par une perte d’élasticité tendineuse due à l’âge avec des tendons qui deviennent dégénératifs et donc qui s’effilochent se craquèlent voir se rompent.

L’âge et la répétition des mouvements y ont un rôle majeur et pose souvent un réel problème de reconnaissance en maladie professionnelle de l’épaule. Cette atteinte concerne surtout les patients de 35 à 65 ans.

Avant 35 ans, les tendons sont plus élastiques et plus résistants. Après 65 ans, les activités ne sont plus si intenses. La bursite de l’épaule accompagne assez systématiquement la souffrance tendineuse, car la bourse au contact du tendon le protège en sécrétant alors plus de liquide. Par ailleurs, la souffrance du tendon est souvent la conséquence de son frottement contre la voûte osseuse, dont le tendon n’est séparé que par la bourse sous acromiale qui sert d’amortisseur des contraintes.

La différenciation entre bursite et tendinite n’est donc intéressante que dans les bursites isolées. C’est assez rare et cela correspond à des pathologies synoviales inflammatoires, le plus souvent dans le cadre de pathologies plus générales comme la polyarthrite, ou non consécutive au conflit tendineux par frottement sous acromial.

La capsulite de l'épaule, une pathologie à part

La capsulite est une maladie de l’épaule très différente. Il s’agit d’une réaction excessive et réflexe d’un système de défense de l’épaule qui provoque comme une hibernation de l’épaule (maladie de l’épaule gelée). Elle peut survenir suite à un traumatisme physique ou émotionnel et semble parfois sans cause.

Elle se caractérise par une rétraction de la capsule articulaire. On pourrait la comparer à la rétraction des antennes d’un escargot qui réagit très fort et de façon réflexe et involontaire à des sollicitations minimes. Plus on y touche plus cela se rétracte. On parle souvent alors de capsulite rétractile de l’épaule.

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L’exemple type est l’apparition le matin au réveil d’une épaule douloureuse et raide avec une quasi impossibilité de lever le bras au plafond. Cette douleur de l’épaule survient dans une période de surmenage et de pression au travail, ou dans une période émotionnelle intense (problème familiaux, décès d’un proche, divorce etc…).

Une compensation naturelle trompeuse consiste à bouger l’épaule dans l’articulation entre l’omoplate et le thorax qui donne l’impression d’arriver quand même à faire le mouvement mais celui-ci est fait en basculant et la rotation externe du bras est impossible. La douleur et la gêne sont importantes ce qui peut inquiéter. Alors que l’inquiétude aggrave la rétraction et le mécanisme réflexe qui s’amplifie.

Les maladies de l'épaule en ose

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  • L’arthrose acromio-claviculaire

L’arthrose acromio-claviculaire est assez fréquente et en général peu inquiétante. C’est l’usure puis la disparition du cartilage de l’articulation entre la partie externe de la clavicule et l’acromion. 

Elle est provoquée par l’âge ou des traumatismes de l’épaule répétés (entorse et luxation acromio claviculaires) survenant lors de sports contact (rugby, judo), par hyper utilisation sportive (sport de lancer, raquette) ou travaux professionnels (travailleur lourd). 

Cette articulation peu mobile devient quand elle est arthrosique de plus en plus enraidie et de moins en moins douloureuse. 

En cas de douleurs de l’épaule trop importantes, le traitement médical est à privilégier. Le traitement de cette maladie de l’épaule par chirurgie arthroscopique de l’épaule est parfois utile.

  • L’omarthrose de l’épaule

L’arthrose gléno humérale ou omarthrose de l’épaule pose elle un sérieux problème. Elle génère douleur, raideur et impotence. Le traitement doit rester le plus longtemps possible médical. Lorsque la situation est dépassée, le recours à une prothèse d’épaule totale reste la seule issue pour soulager.

L’origine de cette arthrose est double : Les séquelles de traumatismes de l’épaule avec une destruction par une fracture complexe, ou des luxations répétées de la surface articulaire de l’épaule. L’arthrose peut alors concerner des patients assez jeunes (40 à 60 ans). Sinon et le plus souvent, elle est la conséquence d’une rupture de coiffe non réparée et mal rééduquée, ce qui use à la longue l’épaule et génère l’omarthrose.

C’est tout l’intérêt de traiter correctement et dans les bons délais les tendinites, les bursites et les ruptures de coiffe pour éviter la survenue de cette maladie invalidante et sérieuse qu’est l’omarthrose.

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Maladies de la main et du poignet

Les maladies de la main et du poignet La main est avant tout un outil magique que l’on utilise en permanence. Elle sert à tout.

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Tendinite épaule

Les muscles permettant les mouvements de l’épaule sont appelés les muscles de la coiffe des rotateurs de l’épaule. Chacun de ces quatre muscles a un rôle moteur.

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Bursite épaule

La bursite de l’épaule une inflammation de la bourse séreuse sous acromio-deltoïdienne. Cette bourse est une poche liquidienne qui s’interpose entre la voûte osseuse sous acromiale et les muscles de la coiffe des rotateurs pour y favoriser le glissement lors des mouvements de l’épaule.

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Capsulite de l’épaule

La capsulite correspond à un emballement du système réflexe de protection de l’épaule. Ce système appelé système sympathique est un des mécanismes essentiel et vital qui permet le fonctionnement permanent et correct de la machinerie humaine.