Les maladies de la main et du poignet

La main est avant tout un outil magique que l'on utilise en permanence. Elle sert à tout. Ce n'est que quand l'on est atteint d'une de ces maladies de la main que l'on se rend vraiment compte de son importance.

SOMMAIRE
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Toutes les maladies de la main et du poignet sont donc importantes et à prendre en charge de façon parfaite. L’anatomie des os, des muscles et des tendons de la main est complexe mais utile à connaitre pour mieux comprendre l’anatomie de la main dans son ensemble et la pathologie de la main dans son détail.

La simple présence d’une rétraction de la paume ou d’un banal kyste au poignet peut avoir un retentissement important pour des gestes aussi simples que se laver le visage ou s’essuyer le corps.

Certaines de ces maladies pourront fortement bénéficier d’une chirurgie de la main ou du poignet mais qui doit être proposée a bon escient. Dans d’autres cas, si la chirurgie ne permet pas d’apporter une amélioration notable, le traitement devra rester médical.

Analyse des mouvements pour comprendre les maladies de la main et de ses articulations

La main s’articule avec le bras par l’intermédiaire du poignet. Elle effectue trois grands axes de mouvements : La flexion-extension, l’inclinaison latérale et la rotation que l’on appelle la prono supination.

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Les deux premiers mouvements se font surtout au niveau de l’articulation entre le radius et le carpe. Entre ces deux ensembles existe une grande surface de glissement et de très gros ligaments d’union pour permettre un glissement parfait et une solidité importante.

Le carpe est un ensemble de petits os dans lequel se fait des mouvements complexes pour pouvoir à la fois être assez mobile dans toutes les directions et surtout être très solide. Cet ensemble est réuni par des ligaments très nombreux qui sont comme des sangles élastiques, orientés dans de nombreuses directions pour en assurer la cohésion et la souplesse.

Le carpe s’articule ensuite avec les métacarpiens par des articulations appelées carpo-métacarpiennes. Les métacarpiens des quatre doigts longs sont ainsi peu mobiles. Ils sont très solidement attachés par des articulations assez emboitées et entourées de ligaments puissants et peu élastiques.

A l’inverse, la colonne du pouce est extrêmement mobile et peut faire des mouvements de rotation sur 180 degrés. Cette mobilité importante de la colonne du pouce lui permet de s’opposer aux doigts longs et d’assurer ainsi les mouvements de prise fine ou en force. Cette grande mobilité rotatoire se fait principalement dans l’articulation carpo-métacarpienne appelée trapézo-métacarpienne. Elle articule le trapèze avec le premier métacarpien.

Cette articulation essentielle peut s’user avec le temps et devenir arthrosique. Cette maladie de la main invalidante s’appelle la rhizarthrose. Elle concerne beaucoup de gens et plus souvent les femmes, généralement à partir de la cinquantaine.

L'anatomie ostéo-articulaire et ses rapports avec les maladies de la main

L'extrémité inférieure des deux os de l'avant bras

C’est la surface qui articule l’avant-bras au carpe pour constituer ce que l’on appelle le poignet. Elle est constituée du couple radio-ulnaire. C’est une articulation qui permet au poignet de tourner dans un mouvement appelé prono-supination. Pour se rappeler le sens de ce terme c’est simple : La pronation est la rotation du poignet qui permet de prendre. On tourne donc la paume de la main vers le sol.

A l’inverse la supination permet de soupeser. On tourne donc la paume de la main vers le ciel. Pour pouvoir tourner le poignet, il faut que le radius s’enroule autour de l’ulna, ce qui n’est possible que si cette rotation est autorisée au niveau du coude. Il y a donc deux articulations entre le radius et l’ulna : une au poignet appelée radio-ulnaire distale (RUD) et une au coude appelée radio-ulnaire proximale (RUP).

Le radius et l’ulna ne peuvent tourner l’un autour de l’autre que si ces deux articulations sont libres de tourner. Le poignet est donc pour ce mouvement très dépendant du coude. Toutes les anomalies de fonctionnement du poignet vont d’ailleurs souvent déclencher des épicondylites par fatigue excessive des tendons du coude.

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Articulations radio et ulno carpiennes © Professeur Eric Roulot

La cohésion de l’articulation radio-ulnaire distale se fait par un ensemble ligamentaire complexe appelé complexe fibro-cartilagineux ou TFCC (triangular fibrocartilaginous complex pour les anglo saxons) et dont l’élément central est le ligament triangulaire. Ce ligament à une petite attache sur la partie interne de l’ulna et une attache plus large sur le radius ce qui lui donne sa forme triangulaire. 

Les structures importantes sont surtout périphériques à ce triangle et la partie centrale est une sorte de toile élastique comparée à un trampoline. La partie centrale peut se perforer sans entraver la bonne fonction de stabilisation du ligament triangulaire. Cette simple perforation centrale ne doit pas être réparée de façon excessive car est souvent sans conséquence et fréquente à partir de 40 ans par l’usure.

Cette structure ligamentaire triangulaire prolonge en interne la surface articulaire du radius, qui elle s’articule avec le carpe. C’est l’articulation radio-carpienne qui supporte toutes les contraintes pour la flexion extension du poignet et son inclinaison ainsi que pour l’appui. L’intégrité de cette surface de glissement qui supporte de très importantes charges lors de l’appui est donc essentielle et la moindre irrégularité de la surface de glissement cartilagineuse à ce niveau source de douleur et d’arthrose.

Le ligament triangulaire qui prolonge cette surface est plus suspendue et supporte également le glissement et l’appui mais comme une bâche élastique tendue entre la pointe de l’ulna appelé styloïde ulnaire et le radius et sans que la tête de l’ulna qui est plus en retrait ne vienne directement au contact.

le dôme du carpe

C’est la surface qui vient au contact du couple radio-ulnaire. Elle est constituée des trois os essentiels constituant la première rangée des os du carpe : le scaphoïde, le lunatum et le triquetrum.

Ces trois os bougent de façon coordonnée, étant reliés entre eux par des structures ligamentaires indispensables à la bonne fonction du poignet que sont le ligament scapho-lunarien et le ligament luno-triquétral. 

Cet ensemble de trois os a des capacités de mouvement en flexion extension et en glissement en inclinaison radiale et ulnaire. Cet ensemble dans son mouvement se comporte comme un train de wagonnets reliés par des attaches de fixation mobiles. 

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Le dôme du carpe © Professeur Eric Roulot

Le scaphoïde part dans son mouvement de flexion inclinaison, il est suivi par le lunatum lui-même suivi par le triquetrum du fait de la connexion ligamentaire mobile et élastique qui les réunit.

Ces structures ligamentaires maintiennent donc une cohésion indispensable à la bonne fonction. La rupture d’un de ces deux ligaments a des conséquences souvent sévères. Il en va de même des fractures, usures ou fragmentation de l’un de ces trois os qui sont à l’origine de nombreuses pathologies et maladies de la main : arthrose, nécrose, dépôts de micro cristaux, pseudarthrose, cal vicieux, raideur.

Le carpe et médiocarpe

Sous la première rangée vient se positionner la deuxième rangée des os du carpe constituée de quatre os : le trapèze, le trapézoïde, le capitatum et l’hamatum. 

Cet ensemble est relativement compact mais n’est pas relié par des ligaments au niveau du dôme de cette rangée contrairement à la première rangée des os du carpe.

Les structures ligamentaires sont surtout antérieures et postérieures plus que réellement intra articulaire. C’est un ensemble très rigide et qui ne donne pas lieu à des dissociations. Il est plutôt exposé aux fractures et pas aux instabilités.

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Les deux premières rangées des os du carpe © Professeur Eric Roulot
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Le carpe réparti en deux colonnes © Professeur Eric Roulot

Au niveau de la colonne externe le scaphoïde est en étroite connexion articulaire avec le trapèze et le trapézoïde, constituant un ensemble extrêmement stable la scapho-trapézo-trapézoidienne (STT). La colonne interne est constituée d’un bloc fait des quatre os internes du carpe (lunatum, triquetrum, capitatum, hamatum). 

Cet ensemble de quatre os est mobile au niveau du médio-carpe qui articule la première rangée sur la deuxième rangée.

Il peut exister des instabilités médio-carpiennes qui se font sans réelle rupture ligamentaire et qui sont plutôt la conséquence d’une hyper laxité ligamentaire avec des ressauts qui sont douloureux et sans réelle visualisation radiographique.

On a ainsi verticalement deux gros blocs : la colonne externe (STT) et la colonne interne des quatre os avec un point de jonction très importante qui réunit colonne externe et colonne interne qui est le ligament scapho-lunarien. Celui-ci est donc essentiel et fragile car soumis à des grosses contraintes et au risque de rupture.

Par ailleurs, le scaphoïde est un os long et oblique qui est à cheval entre la première et la deuxième rangée du fait de sa longueur. Il donne naissance à la colonne du pouce du fait de son appartenance à la colonne externe. C’est pourquoi il a une orientation qui se fait non pas dans l’axe du radius mais à 45° de moyenne permettant de propulser le pouce vers l’avant pour pouvoir se mettre en opposition par rapport aux quatre doigts longs qui eux sont alignés avec l’axe de l’avant-bras.

Les articulations carpo-métacarpiennes

Les carpo-métacarpiennes des quatre doigts longs sont très peu mobiles et constituent un axe très rigide pour les carpo-métacarpiennes de l’index et du médius qui forment l’axe rigide axial de la main. De part et d’autre de cet axe les carpo-métacarpiennes sont plus mobiles.

Pour les quatrième et cinquième doigts, il y a une capacité de flexion rotation qui permet de creuser la main.

Alors que sur le bord opposé, pour le pouce, la mobilité est extrême dans la trapézo-métacarpienne ce qui permet une rotation de presque 180° pour réaliser tous les mouvements d’opposition.

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Scanner de reconstruction 3D de la main

Cet ensemble très ingénieux, à la fois rigide et mobile permet la préhension forte des objets de toutes formes. Il peut s’user au niveau de la colonne du pouce qui est en mouvement permanent et soumis à de grosses charges lors du serrage ce qui donne à la longue une rhizarthrose.

Il peut se luxer ou se fracturer pour le pouce ou les deux derniers doigts lors des chocs en tenant un objet comme un volant ou une poignée de moto ou lors d’un coup de poing.

L'anatomie des parties molles de la main et du poignet : Les tendons, les nerfs et les gaines des tendons

Sur cet ensemble ostéo-ligamentaire que constitue la radiocarpienne et la radio ulnaire distale viennent coulisser des tendons en palmaire (paume de la main) et en dorsale (dos de la main).

Les formations palmaires

En palmaire il y a différents tunnels de guidage tendineux avec principalement au centre le canal carpien dans lequel passe tous les fléchisseurs des doigts. Sur son bord externe le tunnel de guidage du fléchisseur radial du carpe (FCR) qui est un tendon important pour la flexion du poignet. Et en interne pour le contrebalancer le fléchisseur ulnaire du carpe (FCU) qui lui n’est pas pris dans un tunnel à proprement parler mais vient s’insérer distalement sur la base du cinquième métacarpien avec un système de rotule que constitue le pisiforme qui augmente son bras de levier et lui donne plus de puissance.

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Anatomie de la main et du canal carpien © Professeur Eric Roulot

Ces deux tendons FCR et FCU motorisent le poignet en flexion de façon équilibrée avec des structures musculaires et tendineuses qui prennent leurs attaches proximales de façon symétrique au coude au niveau des épicondyliens et s’insèrent en distal de part et d’autre du carpe pour effectuer une traction à peu près symétrique et en alternance pour les mouvements d’inclinaison radiale et ulnaire.

Pour passer dans le canal carpien et dans la coulisse du FCR, les tendons fléchisseurs sont entourés de gaines ténosynoviales dont le rôle est de faciliter par la sécrétion du liquide synovial le refroidissement et la lubrification tendineuse.

Il y a donc des possibles ténosynovites conflictuelles pour ces deux ensembles de tunnels. Au niveau du fléchisseur ulnaire du carpe, les pathologies de la main sont plutôt des pathologies d’instabilité transversale, de tendinites ou d’arthrose piso-triquétrale plus que des pathologies de ténosynovite.

Les formations dorsales

En dorsal, il existe six compartiments numérotés d’un à six allant de radial en ulnaire (de dehors côté pouce en dedans côté cinquième doigt). Ces compartiments sont constitués d’une sangle ligamentaire dorsale avec des parois s’attachant à l’os et délimitant les six couloirs de passage pour les tendons du dos du poignet.

  • Le plus externe constitue la coulisse du premier compartiment dans lequel passe deux tendons qui relèvent et étendent le pouce (le court extenseur et le long abducteur du pouce). Les conflits y sont fréquents par encombrement : C’est la ténosynovite de Quervain.
  • La coulisse du deuxième compartiment dans lequel passe deux tendons extenseurs du poignet. ils sont rarement responsables de maladies de la main.
  • La coulisse du troisième compartiment contient un extenseur important du pouce et a comme particularité de faire un angle de 45°. Les contraintes en frottement y sont très importantes avec des conflits pouvant aller jusqu’à la rupture tendineuse.
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  • Vient ensuite la coulisse du quatrième compartiment qui contient l’ensemble des extenseurs des quatre doigts longs.
  • A l’exception d’un extenseur supplémentaire pour le cinquième doigt qui passe dans la coulisse du cinquième compartiment sans grande importance.
  • Enfin le sixième compartiment est très différent dans sa constitution. Il contient l’extenseur ulnaire du carpe (tendon cubital postérieur). Son positionnement interne se fait sur la tête de l’ulna. Cette coulisse est donc séparée des cinq autres coulisses pour pouvoir tourner avec l’ulna indépendamment des autres coulisses qui fonctionnent avec le radius.

Les tendons extenseurs pour pouvoir coulisser dans ces coulisses en limitant les frottements et l’échauffement sont entourés d’une gaine synoviale ayant un rôle de lubrification et de refroidissement. Cette gaine peut s’enflammer et sécréter du liquide ce que l’on appelle une ténosynovite. L’extenseur ulnaire du carpe du fait du mouvement de rotation et glissement est par ailleurs exposé spécifiquement au risque d’instabilité (par rupture des parois de sa coulisse) qui se fait en luxation palmaire le plus souvent.

Les muscles de la main

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Les tendons passant autour du poignet transmettent les forces des muscles de l’avant bras au doigts et à la main. Ceux sont des muscles extrinsèques car leurs masses musculaires sont situées en dehors de la main. Leur motorisation se fait donc par des structures nerveuses qui s’arrêtent à l’avant-bras et stimulent les muscles à ce niveau.

Cet ensemble doit se différencier des muscles dits intrinsèques qui sont situés au niveau de la paume de la main et dont les nerfs qui les stimulent passent par le poignet pour arriver à destination au niveau de la main. Ces petits muscles se subdivisent en muscles lombricaux et muscles inter osseux qui sont situés à la hauteur et entre les métacarpiens. Ils sont peu visibles mais importants.

Les autres muscles de la main sont bien visibles. Ils constituent les masses musculaires thénariennes pour le pouce, et hypothénariennes pour la partie interne de la main dans l’axe du cinquième doigt. Ils constituent les deux gros renflements musculaires de part et d’autre de la partie proximale de la paume.

Les nerfs du poignet et de la main

Au niveau du poignet passe les nerfs destinés aux muscles intrinsèques et à la sensibilité de la main.

Le nerf radial est situé sur la face externe du poignet où il constitue une arborescence et ne peut entrainer à ce niveau que des troubles sensitifs.

Le nerf médian passe dans le canal carpien et est responsable exclusivement de la sensibilité de la main et des trois premiers doigts. En dehors d’une seule branche motrice destinée à certains muscles du pouce. Le nerf médian est donc principalement sensitif et très peu moteur.

Le nerf ulnaire est très important pour son rôle à la fois sensitif et moteur à la main. Il commande la plupart des muscles intrinsèques de la main. Il passe dans un petit tunnel à la partie interne palmaire du poignet appelé loge de Guyon.

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© Professeur Eric Roulot

Le canal carpien, une zone importante de passage

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Le canal carpien est un tunnel dont le fond est constitué par les os du carpe et dont le plafond est constitué du rétinaculum des fléchisseurs qui est une épaisse structure ligamentaire transversale tendue entre quatre piliers : deux externes et deux internes.

Les deux piliers externes sont le tubercule du scaphoïde en haut et le tubercule du trapèze en bas et en interne le pisiforme en haut et le crochet de l’hamatum en bas. 

Ces différents reliefs osseux peuvent se fracturer lors d’une chute sur la paume de la main.

Le canal carpien peut fréquemment devenir compressif du fait de son caractère très rétentif. La décompression du canal carpien passe par la section du gros plafond ligamentaire qui permet d’obtenir à la fois une augmentation de diamètre du tunnel carpien et sa reconstruction par cicatrisation du ligament. Pour comparaison, la loge de Guyon a des parois moins rigides et est très rarement compressif, sauf en cas de facteurs extrinsèques surajoutés comme la présence d’un kyste.

Les principales maladies de la main

Une anatomie à la fonction aussi complexe est susceptible de s’enrayer à la moindre anomalie. En dehors des traumatismes de la main et de leurs séquelles, les maladies des mains et les maladies des os du poignet sont nombreuses.

Elles se décomposent de façon simplifiée en :

  • Arthroses de la main
  • Compressions nerveuses et maladie des nerfs de la main
  • Pathologies rhumatismales du poignet et de la main
  • Tumeurs et kystes du poignet
  • Malformations osseuses ou tendineuses de la main
  • Maladie de Dupuytren
  • Ténosynovites à la main
  • Nécroses osseuses et pathologies vasculaires de la main
  • Maladies professionnelles de la main
pathologie-rhumatismale-polyarthrite-rhumatoide-des-mains
Polyarthrite rhumatoïde de la main gauche - Pathologie rhumatismale

Pour toutes ces maladies de la main, la possibilité d’un traitement chirurgical doit être discuté au cas par cas et le plus souvent après avoir exploré toutes les ressources d’un traitement médical préalable.

Arthroses de la main et du poignet

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Arthrose déformante du pouce

Différentes localisations sont possibles :

  • Le carpe
  • La radio-carpienne
  • L’ulno-carpienne et la radio ulnaire
  • La rhizarthrose

L’arthrose donne des douleurs, un enraidissement et des déformations de la main et des doigts.

De nombreuses chirurgies de la main sont possibles en complément des traitements médicaux. L’arthrose reste comme les mains fripées un effet du temps pour les gens âgés.

Parfois, cette maladie des mains survient très précocement en cas de séquelles de traumatismes, de formes familiales, de maladies rhumatismales ou par dépôts de cristaux comme dans la chondrocalcinose ou la goutte à la main.

Les compressions nerveuses et maladies des nerfs à la main et au poignet

Le syndrome du canal carpien qui comprime le nerf médian est la maladie de la main la plus fréquente. C’est la première cause d’intervention chirurgicale dans les pays industrialisés. C’est donc une maladie essentielle à connaitre avec plusieurs stades évolutifs et des traitements qui peuvent varier.

La compression du nerf ulnaire au poignet est plus rare et en général située au niveau de la loge de Guyon. C’est le rétrécissement anatomique où passe le nerf ulnaire pour se répartir ensuite dans la main. Cette compression est exceptionnelle et souvent évoquée à tort. Lorsqu’elle survient, elle a un potentiel de dangerosité non négligeable car elle atteint non seulement la sensibilité de la main, mais également la plus grande partie des muscles de la main. Si ceux-ci se paralysent, la gêne fonctionnelle peut devenir importante. 

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La chirurgie de la main y est donc en cas de diagnostic de syndrome de la loge de Guyon un recours nécessaire.

Le troisième nerf présent à la main est le nerf radial. Il n’a que des branches sensitives. Les compressions y sont rares mais les blessures accidentelles de ces branches superficielles par contre très fréquentes et de traitement difficile.

En dehors des compressions, les nerfs peuvent être malades avec une expression plus visible à la main dans le cadre de maladies plus globales appelés neuropathies. Il en existe de nombreuses formes.

Sinon les tumeurs des petits nerfs de la main ne sont pas rares, le plus souvent bénignes et extirpables chirurgicalement.

Les tumeurs et kystes du poignet et de la main

Les kystes sont fréquents. Ils se localisent le plus souvent à la face dorsale du poignet. Ils sont parfois gênants et jamais dangereux. Le traitement du kyste synovial du poignet est fonction de la gêne. Les kystes de localisation palmaires sont plus rares et parfois trompeurs avec d’autres diagnostics.
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Kyste synovial de la face dorsale du poignet

Les tumeurs des parties molles sont rares et presque toujours bénignes. Leur exérèse reste néanmoins assez systématique pour une analyse histologique, en dehors des malformations vasculaires. Ces dernières sont de nombreux types différents et parfois peu accessibles au traitement.

Les tumeurs osseuses sont des maladies de la main moins exceptionnelles. Le plus souvent bénignes et prenant alors l’aspect d’une cavité intra osseuse, elles peuvent fragiliser l’os. Elles nécessitent de toute façon un avis chirurgical. La plupart sont suffisamment anodines pour ne pas pour autant imposer la chirurgie de façon systématique. La prudence impose parfois une analyse histologique ou un renforcement osseux par greffe.

La maladie de Dupuytren à la main : Symptomes et cause

C’est une maladie des mains fréquente dans les populations d’Europe du nord qui a une origine génétique et donc une répartition très géographique et familiale. Elle se traduit par l’apparition de nodules ou de cordes dans l’axe des doigts de la paume de la main. Parfois elle prend l’aspect d’un trou dans la main. Ces formations sont progressivement rétractiles et peuvent fléchir les doigts en les empêchant de s’étendre.

La maladie de Dupuytren peut donc gêner de façon de plus en plus importante la bonne fonction de la main. Soit par le volume des formations nodulaires et des cordes qui rendent la préhension et le toucher inconfortables, soit entraver la prise des objets par la rétraction des doigts et la déformation des mains (ombilication).

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Corde rétractile de Dupuytren du 4ème doigt

Son évolution est lente et souvent irrégulière. Elle peut rester longtemps bien tolérée et devient parfois très gênante si elle est évolutive. Elle concerne le plus souvent les trois derniers doigts.

Le développement des formations rétractiles de la maladie de Dupuytren à la main concerne le tissu aponévrotique qui est situé entre les tendons et la peau. L’atteinte peut concerner la paume de la main ou des doigts de façon variable. Il n’y a pas de traitement médical connu. Le traitement est donc souvent chirurgical mais pas pour autant systématique. Le timing de prise en charge est important pour le résultat et le devenir à long terme.

Les maladies des tendons de la main et du poignet : Les tenosynovites

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Douleur par mauvaise coulisse tendineuse du 4ème doigt avec accrochage

Une ténosynovite est une inflammation de la gaine d’un tendon. Elle se différencie de la tendinite qui est l’inflammation du tendon qui n’a pas de gaine.
Les tendons de la main comme détaillé dans l’anatomie passent le plus souvent dans des tunnels de guidage ou les frottements sont importants. Le refroidissement et le glissement sont facilités par la présence de gaines à contenu liquidien synovial qui entourent ces tendons.

Les ténosynovites traduisent soit une maladie de la gaine comme dans les maladies rhumatismales, soit un échauffement excessif lorsque le tendon frotte trop fort dans une coulisse trop étroite et que le système de refroidissement est dépassé traduisant un conflit mécanique à traiter.

Le canal carpien peut fréquemment devenir compressif du fait de son caractère très rétentif. La décompression du canal carpien passe par la section du gros plafond ligamentaire qui permet d’obtenir à la fois une augmentation de diamètre du tunnel carpien et sa reconstruction par cicatrisation du ligament. Pour comparaison, la loge de Guyon a des parois moins rigides et est très rarement compressif, sauf en cas de facteurs extrinsèques surajoutés comme la présence d’un kyste.

Les nécroses osseuses et pathologies de la main vasculaires

Les nécroses osseuses sont des maladies de la main rares, d’origine parfois inconnue et toujours complexes à traiter. C’est la mortification d’un os qui du coup devient fragile et modifie sa forme. Cela engendre à la main des douleurs et une altération du cartilage (arthrose) qui n’est plus soutenu par un os de qualité suffisante.

Les pathologies de la main vasculaires sont diversement appelées maladie des mains froides, maladie des mains bleues ou maladie des mains rouges. Elles correspondent le plus souvent à la maladie de Raynaud qui traduit un mauvais fonctionnement des petits capillaires du bout des doigts qui supportent mal les changements de température et ont alors du mal à se recolorer normalement.

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Mauvaise vascularisation de la pulpe du 4ème doigt

Ces maladies de la main sont fréquentes et souvent banales mais parfois sévères. Elles relèvent de consultations en médecine des pathologies vasculaires. Elles sont différentes de la maladie des mains moites autrement appelé dyshidrose.

Maladies professionnelles de la main

La main est un outil et son utilisation professionnelle en fait un terrain de prédilection de la demande de reconnaissance en maladie professionnelle de la main. Les demandes sont tellement nombreuses qu’elles ne peuvent être toutes validées. Évidemment, tout le monde se sert de ses mains et le rattachement à une cause professionnelle est toujours sujet à discussion.

Les cinq maladies professionnelles de la main les plus fréquentes sont :

  • Kyste synovial
  • Maladie de Dupuytren
  • Canal carpien
  • Tendinite main
  • Arthrose du poignet ou des mains

Chacune de ces pathologies de la main pourrait être acceptée ou refusée en fonction de la localisation de l’atteinte, de son mode et âge de survenue et de la profession pratiquée.
Chaque décision est prise en commission après étude du dossier officiel (document Cerfa rempli par le médecin de famille).

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